Texte
du discours au Congrès du PSV du 8 décembre 2001
Chères et chers camarades,
Avant de commencer mon discours, je tiens à remercier les
hasards de la vie et de la politique qui font que ce congrès
se déroule dans le berceau de ma famille et aux lieux des
grands moments de mon enfance.
Se présenter à l'investiture de son parti pour une
élection à une fonction exécutive c'est avoir
envie et se sentir capable de fédérer les forces militantes
autour de la défense d'un programme politique, c'est aussi
savoir - et se souvenir, toujours - que si l'on est élu c'est
par le parti et pour le parti.
Se présenter à l'élection au Conseil d'État,
et, plus encore, souhaiter ardemment occuper cette fonction - si
vous et le peuple vaudois en décidez ainsi - c'est vouloir
mettre au service du parti et de ses valeurs ainsi qu'au service
de l'ensemble de la collectivité, ce que l'on a appris:
De ma formation de juriste j'ai acquis la rigueur et le souci du
travail accompli jusqu'au bout; et j'en retiens aussi bien sûr
les grands principes en particulier ceux de justice et d'égalité;
De mon activité d'avocate j'ai appris que le droit et les
grands principes doivent être mis au service des personnes
et non l'inverse, j'ai aussi appris que s'il faut tenir sur les
principes, il faut savoir aussi, parfois, concilier;
Des nombreux postes que j'ai occupés dans l'administration,
j'ai gardé la conviction que l'État est le garant du lien
social et qu'à ce titre il doit être défendu
contre ceux qui voudrait réduire son action à une
simple question de rentabilité; je retiens aussi de ces
années la qualité et l'intensité de l'engagement
des fonctionnaires au service de la collectivité;
De ma fonction de secrétaire générale découle
mon attrait pour le travail d'exécutif ainsi qu'une connaissance
intime des rouages, et des blocages, de l'État de Vaud;
De mes années de militantisme politique et associatif, j'ai
acquis la conviction que si la politique est faite de projets, ceux-ci
n'existent pas par eux-mêmes et pour eux-mêmes, mais
qu'ils ne vivent que par les militantes et les militants qui les
portent.
Enfin, des travaux que nous menons au sein de
la constituante, j'en conclus, chères et chers camarades,
qu'il est urgent que la majorité change dans ce canton pour
que de vrais progrès sociaux puissent enfin naître!
Mais, pour que cette majorité de gauche puisse émerger,
il faut que tous ensemble nous menions une campagne forte, engagée,
militante et proche des gens; en un mot: une campagne de terrain.
Par opposition aux campagnes de salon que mènent la droite.
|
|
Anne-Catherine Lyon
juriste, constituante et conseillère communale
39 ans
Engagée depuis dix ans dans la politique cantonale,
Anne-Catherine Lyon se bat pour un service public efficace
permettant d'assurer des prestations de qualité à
la population. Elle entend ainsi améliorer le fonctionnement
de l'État, assurer une meilleure répartition des tâches
entre le canton et les communes et revendique une plus grand
transparence de l'administration envers les usagers. Compétence,
imaginative, Anne-Catherine Lyon s'engage pour améliorer
l'avenir du canton et de ses habitantes et habitants.
|
J'ai la conviction que la majorité
peut basculer ou que au minimum la minorité au Conseil d'État
sortira renforcée de ces élections et que le rapport
de force au Grand Conseil sera amélioré, mais je sais
aussi que la campagne sera dure; en partie en raison du bilan catastrophique
de la majorité de droite. En effet, quand les choses vont
mal, la tentation est grande pour les gens de mettre l'ensemble
du monde politique dans le grand sac des " tous pourris ".
Le taux d'abstentionnisme et la percée des partis populistes
sont là pour le prouver.
Pour montrer que notre projet politique est différent, que
nous sommes différents, tant au Conseil d'État qu'au Grand
Conseil, il faut que nous soyons clairs dans le discour et cohérents
dans les actions; il faut que nous partions des préoccupations
des gens mais sans leur promettre la lune, ou, autrement dit, il
faut être honnête, dire ce que l'on fait et faire ce
que l'on dit et, si on ne peut pas le faire, expliquer pourquoi.
Ou, autrement dit encore, nous
devons être ceux qui rétabliront la confiance dans
ce canton.
Nous devons être ceux qui rétabliront la confiance
entre le Conseil d'État et toutes les personnes vivant dans ce canton; que ce soit par l'instauration de la transparence dans l'activité
de l'État, par la facilitation de l'accès à la citoyenneté,
par la prise en compte des réalités des familles,
ou tout simplement par le respect des personnes; respect qui veut
que les personnes soient vues pour ce qu'elles apportent à
la société et non pas, comme le fait la droite, pour
ce qu'elles coûtent.
La confiance doit aussi être rétablie entre le Conseil
d'État et les communes: la crise du canton ne peut pas se résoudre
à la hussarde et à la va-vite et surtout en créant
une crise entre le canton et les communes. Tout le monde s'accorde
à dire que cela ne peut pas continuer ainsi, mais nous, nous
devons empoigner ce problème et le résoudre en privilégiant
le respect des identités et la proximité et en faisant
que le canton et les communes sortent renforcées de cette
crise. Les travaux menés à la constituante sont, à
cet égard, porteurs d'espoir.
Rétablir la confiance c'est aussi se préoccuper des
relations entre, d'une part, le Conseil d'État et la fonction publique
et, d'autre part, entre la population et le service public: et
pour cela nous devons continuer à affirmer que le combat
pour le service public n'est pas un combat pour le maintien de privilèges,
mais une lutte pour que ne s'instaure pas, dans ce pays, une société
à deux vitesses; cela ne veut pas dire que le service public
ne doit pas être réformé ou amélioré,
mais cela veut dire que si une telle réforme est conduite
elle doit impérativement être guidée par les
principes de solidarité, de justice et d'égalité
et les personnes qui la mènent doivent avoir en tête,
et surtout au fond de leur cœur, le souvenir que la valeur d'une
société se mesure au soin qu'elle prend du plus faible
de ses membres.
Rétablir la confiance c'est enfin être attentif à
améliorer les relations entre le Conseil d'État et le Grand
Conseil: cela veut dire traiter le Grand Conseil en partenaire
institutionnel - ce qui sera d'autant plus crucial lors de la prochaine
législature lorsqu'il s'agira de mettre en œuvre le texte
constitutionnel; cela veut dire aussi revaloriser le statut de
ses membres.
Pour pouvoir mener à bien ce projet, qui n'est autre que
le programme que nous avons adopté au Congrès de Moudon,
il faut désigner à la candidature puis élire
au Conseil d'État une équipe de personnes complémentaires,
aptes à travailler ensemble, avec le parti et avec l'ensemble
des militantes et des militants, des personnes claires sur la force
de leur engagement socialiste et cohérentes dans leur action; j'ai pour ma part la conviction que Francine Jeanprêtre
Pierre Chiffelle et moi, ainsi que Philippe Bièler, pouvons
accomplir cette tâche si vous, puis le peuple, nous en confiez
la mission.
Je vous remercie.
Anne-Catherine Lyon, le 8 décembre
2001
|